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Nos racines


« De gueules au chêne arraché au Naturel,
à la houlette et à la gaffe d'Argent emmanchées d'Or
brochant en sautoir sur le fût »

MUTTERSHOLTZ est l'un des grands villages du Ried Centre-Alsace.
Dans ses armoiries, depuis l'an 1600, on retrouve les emblèmes de ses origines : un chêne, symbole de sa région fortement boisée, une houlette de berger et une gaffe, symboles de sa vocation pastorale sur les prés et de sa vocation batelière sur l'Ill et les bras du Rhin.

Au XIè siècle dépendances
de l'Abbaye d'Ebersmunster


D'origine romaine selon une inscription portant la mention "Locus Augusti", MUTTERSHOLTZ (littéralement Bois de la Mère) aurait été la tradition du lieu de vénération d'une déesse-mère.
Son nom n'apparaît cependant pour la première fois qu'à l'époque carolingienne, dans un acte de Louis le Pieux daté de 817. Le village figurait alors parmi les dépendances de l'Abbaye d'Ebersmunster. Au XIè siècle, les moines y possédaient une ferme, mais il est toutefois probable qu'ils détenaient à l'époque l'ensemble de la localité.

XVe et XVIe siècle :
du règne des seigneurs à la Réforme


Au XIVe siècle, le fief avait pour maîtres les puissants seigneurs de LICHTENBERG. Ils s'en défirent en 1367 au profit de la famille de RATHSAMHAUSEN qui devait en rester propriétaire jusqu'à la Révolution.
Les religieux d'EBERSMUNSTER perdirent leurs droits sur MUTTERSHOLTZ, mais n'en conservèrent pas moins, pendant plusieurs siècles, le patronage de l'église paroissiale. Celle-ci, de fondation très ancienne, existait déjà en 1031.

Les 2 annexes d'Ehnwihr et de Rathsamhausen ont toujours partagé les destinées du village, mais ne conservent que peu de vestiges des châteaux que les Seigneurs du lieu y avaient fait construire.

La famille de RATHSAMHAUSEN, dont le château était situé à EHNWIHR, appartenait à la petite noblesse régionale. Afin de protéger au mieux ses intérêts face aux grandes puissances féodales, cette dernière devait s'associer en 1547 sous le nom de "Chevalerie d'Empire réunie". La plaine alsacienne était en effet morcelée en petites seigneuries, de dimensions parfois très modestes, mais qui demeuraient fort soucieuses de leur prérogatives.

Les RATHSAMHAUSEN optèrent au XVIè siècle pour la Réforme, entraînant avec eux la Communauté de MUTTERSHOLTZ qui, selon le principe "cujus regio, ejus religio" établi par la paix d'Augsbourg, dût se conformer au choix de ses maîtres.

Après la guerre de Trente Ans :
annexion de la province à la couronne de France


A la suite de la guerre de Trente Ans qui avait saigné à blanc la plupart des villes alsaciennes, le traité de NIMEGUE signé en 1678 confirma l'annexion de la province à la couronne de France, consacrant de la sorte la réintroduction du culte catholique.
C'est pourquoi la paroisse de MUTTERHOLTZ adopta, à partir de 1687, la formule du "simultaneum", assez fréquente dans la région, qui permettait aux 2 religions de célébrer successivement leurs offices dans le même sanctuaire. Cette pratique ne fut supprimée qu'en 1892, lors de l'édification de la nouvelle église catholique.

Le développement industriel et agricole
entre le XIIe et le XIXe siècle


L'effort louable des RATHSAMHAUSEN en matière de remembrement permit d'atteindre au XIIIè siècle des rendements agricoles honorables et d'assurer en conséquence une certaine aisance aux habitants du village.
Suivant l'exemple de Ste-Marie-aux-Mines, la filature et le tissage se sont fortement développés à MUTTERSHOLTZ. Très florissante au XIXè siècle, cette activité n'a pu résister à la dernière crise du textile et s'est éteinte lors de la fermeture de l'usine Scheidecker.

Un tel essor industriel ne fut pas étranger à la poussée démographique que connut la commune au cours du siècle passé. MUTTERSHOLTZ atteignit en effet en 1851 le chiffre de 2.359 habitants. Les guerres qui ont par la suite accablé la région et la récession économique qu'elles ont entraînée ont eu pour effet la diminution sensible du nombre des habitants tombé à 1.345 à la Libération.

Travaux d'aménagement de la dominiation Allemande à aujourd'hui


Sous la domination allemande, divers travaux d'aménagement avaient été réalisés :
- le passage de la ligne de chemin de fer Sélestat-Sundhouse, "don de l'Empereur Guillaume II" ;
- la construction d'une gare qui accrût la vitalité de la commune (elle avait "son docteur et sa pharmacie") ;
- et, en 1898, l'installation d'une centrale hydro-électrique dans un moulin reconverti destinée à satisfaire les besoins de la commune en électricité.

Depuis la dernière guerre, la Commune de MUTTERSHOLTZ, qui a su préserver son caractère rural, s'est signalée par une croissance démographique régulière. Profitant de sa situation géographique (à quelques kilomètres de Sélestat et de l'Allemagne), elle a pensé très tôt à s'étendre en créant dès 1960 son premier lotissement "Bruchfeld".
Plus tard, furent successivement réalisés les lotissements "des Cigognes", "des Acacias", "de l'Etang", et enfin, "des Iris", actuellement en voie d'achèvement.

MUTTERSHOLTZ aujourd'hui


La population en 1975 était de 1.559 habitants. Lors des derniers recensements généraux de la population, le chiffre de la population de Muttersholtz est passé de 1658 (rec. de 1990) à 1748 (rec. de 1999).
A présent, la commune est la 4e commune du Canton de Marckolsheim par le nombre de ses habitants.

En 1976, Muttersholtz a vu naître le Centre Permanent d'Initiation à l'Environnement qui siège toujours à la Maison de la Nature à EHNWIHR.

Le ban de Muttersholtz comprend 1006 ha de terres agricoles (dont 450 situés en zone inondable et en nature de prés pour la plupart), 92 ha de forêts (dont 65 ha de forêts communales) et environ 40 ha de vergers.

En 2002, 8 exploitations agricoles à temps plein sont tournées essentiellement vers l'élevage spécialisé (lait ou taurillons), la polyculture associée à l'élevage et la production légumière.

Ainsi, MUTTERSHOLTZ reste un village à dominance rurale que ne démentiront ni la grande entreprise de charpentes en bois lamellé-collé, les Ets Paul MATHIS S.A., qui obtinrent en 1975 le diplôme "Prestige de la France", ni la Société Anonyme des Autocars SCHMITT, l'une des grandes entreprises régionales de transports en autobus.

Trois fils de Muttersholtz sont particulièrement connus :

- le musicien Louis ADAM (1758-1848), professeur de piano au Conservatoire de Paris et compositeur de talent (son fils Adolphe devait également atteindre une certaine notoriété sous le Second Empire);

- l'historien Henri WELSCHINGER (1846-1919), professeur à la Sorbonne, membre de l'Institut ;

- le poète Jean-Paul de DADELSEN (1913-1957).